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3° dimanche de carême A - La samaritaine

 

Nous sommes gavés, nos corps sont gavés, nos intelligences sont gavées, nos sentiments sont gavés, gavés par tout ce que nous propose la publicité, les devantures des grands magasins, la télévision, les magazines, il n’est pas 1 cm2 de nous même qui n’intéresse les commerçants, leur but est de nous engraisser et cela dure de notre plus tendre enfance jusqu'à notre mort, sans répit. De temps en temps nous éprouvons notre lourdeur, nous sentons que ce gavage a quelque chose d’artificiel, nous aimerions retrouver quelque chose de plus authentique de plus simple, pas de problème, ces même publicitaires vont nous offrir de l’authentique, du bio, du vintage, c’est un peu plus cher ça nous donne l’impression de nous alléger mais en fait il s’agit toujours du même gavage indigeste qui fait mal au ventre. Et nous nous l’acceptons, nous l’acceptons parce que nous avons encore faim et soif. Parce que tout ce que nous propose les bateleurs ne parvient jamais à assouvir notre faim, il y a toujours au fond de notre cœur, de notre âme  une soif, une faim qui nous tiraille. Et pour cause cette faim n’est pas d’ordre matérielle elle est bien plus profonde, elle est spirituelle et rien de matériel ne saurait la combler.

Peut être qu’à force de matraquage on parviendra à nous faire oublier que nous ne sommes pas qu’un ventre, un support cosmétique, ou un porte manteau pour la mode. Mais non il y a quelque chose en nous qui résiste à cette réduction matérialiste : notre âme, elle vit, elle respire elle a soif et faim, elle réclame, elle attend sa nourriture.

Et il est bien venu ce temps du carême, il est bien venu pour nous permettre de remettre un peu d’ordre dans la hiérarchie de nos valeurs, il est bien venue pour permettre à notre âme de respirer, de se défaire de tout ce qui l’alourdit, de tout ce gavage qu’on nous impose à longueur d’année. (enfin qu’on nous impose, c’est pas le goulag, on y consent)

Pendant ce carême on remplace le repas de midi par un temps de prière (tout les jeudis soirs ici par exemple), et on se rend compte qu’on ne se trouve pas plus mal, qu’on se trouverai même mieux. Que finalement jeûner comme ça une fois par semaine, nous priver un peu, remplacer la nourriture matérielle, (celle qui nous alourdit), par une nourriture spirituelle, (celle qui nous libère), ça fait du bien.

Ça fait du bien à notre âme, qui elle aussi réclame sa nourriture. Elle est comme cette samaritaine que rencontre Jésus au puits de Jacob. Elle venait comme tous les jours puiser son eau, parce que tout les jours elle avait besoin d’eau, nous le savons bien un verre d’eau étanche notre soif pour un temps, une heure ou deux pas plus, mais ensuite il faut y retourner. Cette femme vient puiser de l’eau ça fait des années qu’elle vient puiser de l’eau et sa vie aurait pu continuer comme ça longtemps dans le train train d’une vie à puiser de l’eau, oui mais voila qu’elle rencontre Jésus qui va lui révéler qu’il y a en elle un désir plus profond que celui de cette eau, il y a en elle bien plus que la soif du corps, il y a la soif du cœur et de l’âme, c’est cette soif là que Jésus est venu nous révéler, c’est cette soif là qu’il est venu apaiser.

Anne laure et nous tous ici, nous sommes cette samaritaine, nous trouvons Jésus sur notre route et il nous propose l’eau vive. Il ne nous propose pas seulement de quoi survivre mais de quoi vivre, non pas seulement une vie au rabais, une petite vie mesquine, mais une vie pleine, jaillissante éternelle. Lui seul peut nous donner ce que notre cœur désire vraiment, parce que lui seul connaît notre cœur à fond, lui seul sonde les reins et les cœurs.

Notre cœur désire connaître la vérité : « il est la vérité »

Notre cœur désire la beauté il est « le plus beau des enfants des hommes »

Notre cœur aspire au bien : « il est le Dieu bon et véritable »

Notre cœur espère la paix : « il est le prince de paix »

Notre cœur désire la fraternité : « il nous conduit vers le Père »

Il y a dans le cœur de l’homme une soif infinie, il y a dans le cœur des jeunes un désir immense et qu’est ce qu’on leur offre : la nouvelle star, la première compagnie et PSG-OM, comment voulez vous que nous fassions de grandes choses avec une telle nourriture ! Non ! Nous ressemblons trop à ce que nous mangeons, à ce que nous buvons, à ce que nous lisons, à ce que nous regardons, nous sommes de vraies éponges. Aucun de ces spectacles ne pourra combler la faim infinie de l’homme, le seul qui puisse la combler c’est celui qui se tient sur le parapet du puits de Sichem, c’est Jésus-Christ. Si nous nous approchons de lui comme la samaritaine il nous donnera son eau vive et alors nous n’aurons plus jamais soif, notre âme sera rassasiée. Et alors nous pourrons à notre tour accompagner tout ceux qui se traînent dans le désert de notre monde, dans le désert de nos villes, de nos amphis tout ceux qui ont soif de cette eau, tout ceux que ne contentent plus les aliments seulement matériels, nous pourrons les accompagner et leur faire découvrir celui qui est la source intarissable : Notre Seigneur Jésus-Christ

Alors n’hésitons pas remontons à la source et buvons à pleine gorge, à plein cœur.

 

amen.