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Baptême du Seigneur - Le risque du baptême

 

 

Vous voulez du sport, vous voulez que ca bouge, vous voulez de l’aventure, vous voulez du fun, vous voulez du risque ?

Alors oubliez les sports extrêmes (ca ne nous excite qu’un trop court instant), oubliez les utopies politique fumeuses (elles se sont toutes plantées, avec bien souvent des charniers à la clé), oubliez vos consoles de jeu, oubliez les experts, NCIS et zone interdite (ce n’est jamais que du virtuel) et entrez dans le monde réel : souvenez vous de votre baptême.

C’est la qu’a commencé la grande aventure c’est là que vous avez osé, que vous avez plongé, que vous vous êtes jeté à l’eau.

Bien souvent quand on propose aux parents de baptiser leur enfant par immersion, c'est-à-dire en le plongeant tout entier dans le baptistère ils vous demandent si ce n’est pas un peu risqué, si leur mouflet ne risque pas d’attraper froid en le plongeant dans de l’eau glacée (bien sur qu’il va se mettre à grelotter), s’il ne risque pas de boire la tasse et de se noyer sur une mauvaise manipulation du curé qui ne s’y connaît pas trop en baignade d’enfant, s’il ne risque pas de se fracasser la tète contre la margelle des fonds baptismaux, mais bien sur que c’est dangereux ! ai-je envie de leur répondre, bien qsur que c’est risqué le baptême ! Ils ont bien raisons de s’inquiéter les parents, parce que de fait leur enfant risque gros en se faisant baptiser, leur enfant risque lourd, il risque infiniment plus que la pneumonie ou le traumatisme crânien : il risque d’attraper la charité du Christ, il risque d’être totalement contaminée par la foi et l’espérance du Seigneur.

Du coup je comprends mieux que les parents hésitent à faire baptiser les enfants, je comprends tous les arguments fallacieux qu’on nous oppose : « nous voulons le laisser libre, qu’il puisse choisir sa religion plus tard, nous ne voulons rien lui imposer, nous ne voulons pas nous engager pour lui vous comprenez bien M. le curé, « oui je comprends bien » ! je comprends bien que vous êtes des lopettes, en effet à force de ne pas vouloir nous engager, de ne vouloir prendre aucun risque, de tout calculer, nous finissons par regarder le monde comme des spectateurs derrière un écran de télévision : nous pleurons, nous nous indignons, nous tapons du poing, nous gueulons… mais nous le faisons de notre canapé : c’est l’indignation confortable, l’indignation sans risque.

Je pense que ce doit être ca le principe de précaution, oui vous savez celui que nous avons inscrit dans la constitution, « j’attends de voir et j’agirai ensuite et de toute manière je pourrai toujours me retourner contre quelqu’un : les assurances ; l’Etat « providence », mon enfoiré de voisin, ces sales juifs ou ces terroristes de palestiniens on trouvera toujours un coupable sur qui taper. »

 

Nous catholiques nous savons depuis le jour de notre baptême, depuis que nous avons été plongé dans l’eau, nous savons que la vie est un risque et ce risque nous voulons allègrement le courir, nous voulons nous y engager, nous voulons nous y engager et nous pouvons nous y engager parce que nous ne sommes pas seul parce que le christ nous a précédé et plus encore parce que le christ nous accompagne.

Nous savons bien que le baptême n’est pas un rite de passage, nous savons bien que la vie chrétienne ne se résume pas à un baptême un mariage et un enterrement, trois passage à l’église et basta nous serions quitte.

Nous savons parce que nous avons lu l’Evangile que le baptême du christ est au tout début de sa vie publique, qu’est ce que ca veut dire, ca veut dire que le baptême c’est pour vivre, pour commencer à vivre.

En effet Au baptême vous risquez tout, la grande aventure de la sainteté comme dit Bernanos, la seule pour laquelle nous sommes fait au fond ; au baptême vous dites je prends le risque de suivre le christ et de le suivre jusqu’au bout, jusqu’à la croix : c’est ce que nous rappelle saint jean : « C'est lui, Jésus Christ, qui est venu par l'eau et par le sang : pas seulement l'eau, mais l'eau et le sang »

Oui celui qui reçoit le baptême court un risque : un risque très clair dans certains pays où faire le choix du baptême, c’est encore aujourd’hui risquer de se retrouver en prison ou même mis à mort ; chez nous ou le baptême est admis et reconnu c’est moins clair, quoique… même dans ce dernier cas, il reste un risque du baptême, pour autant bien sûr que le baptisé est fidèles aux engagements qu’il a pris. Bien entendu si vous enfouissez votre baptême au plus profond de votre cœur, si vous ne laissez rien transparaitre qui puisse faire croire (faire voire) que vous êtes catholiques on vous laissera tranquille, vous ne dérangez pas, vous êtes comme les autres. Si par contre vous essayez de vivre l’Evangile, ces exigences qui nous sont rappelées au fil des lectures de ce jour : faire ce qui est juste, ou plus généralement faire ce qui est bien, comme le rappellent les Actes des Apôtres, et cela non pas une fois bien sûr, mais à tout instant de notre vie ; ou bien encore, et nous avons tant d’occasions de le faire dans les débats d’aujourd’hui, faire paraître le jugement du Seigneur en toute fidélité, à l’exemple de ce serviteur d’Isaïe sur lequel repose l’Esprit de Dieu : il ne s’agit pas de gesticuler, de menacer, de condamner, d’écraser, il ne s’agit même pas de brailler sur la place publique, mais simplement assumer et redire fidèlement la parole du Seigneur, à l’exemple de ce que fait la voix puissante si souvent décriée et si peu entendue de notre pape ; ou encore, ouvrir les yeux des aveugles et faire sortir les captifs de leur prison. Ou encore, comme les actes des apôtres nous y invitent, ne pas faire de différence entre les hommes, les accueillir quelle que soit leur race, à l’exemple de Dieu lui-même...

 

Oui, c’est vrai, le baptême est un risque, un risque  pour celui qui le reçoit, mais plus encore un risque pour celui qui le vit, et cela n’importe où dans le monde. Toi le baptisé qui m’écoute, qui que tu sois, toi sur qui reposes l’Esprit du Seigneur, sais-tu que le Seigneur t’a appelé et mis à part, non pas pour être au-dessus de tes frères, mais pour les servir, éventuellement jusqu’à la mort ?

 

Fils et fille de l’Eglise du Christ, souviens toi des promesses de ton baptême