29° dimanche TO - Laïcité positive
M. Sarkozy nous donne quelques cours de laïcité positive, alors bien sûr il flatte notre fibre catholique, bien sûr quand il nous dit au Latran que l’instituteur ne remplacera jamais le curé nous vibrons, nous pleurons de joie, nous applaudissons des deux mains, enfin la France retrouve ses racines chrétiennes, enfin un vrai chef catholique à la tête de l’état. Oh mais vous savez Mme royal aussi nous donne quelques leçons de catéchisme : « aimez vous les uns les autres » lance- t- elle à une foule béate ; taisez vous ! Leur lance Jésus Christ à 2000 ans de distance, taisez vous ne m’insultez pas, n’instrumentalisez pas ma parole, n’essayez pas d’amadouer mon peuple, n’essayez pas de lui arracher quelques voix avec des discours faux, mielleux et fielleux. En ces temps de laïcité triomphante, voire envahissante, il est bon d’entendre la voix de notre Seigneur répartir de manière tranchante les domaines de compétence entre Dieu et césar.
Parce qu’en effet il fut un temps où l’Eglise a très certainement empiété sur le champ de César, c’était le temps justement où césar était trop faible (voir inexistant) pour gouverner, où les barons et les chefs de tribus se disputaient le pouvoir au mépris du peuple, alors le peuple se tournait spontanément vers ces grands évêques qui incarnaient le seul pouvoir stable ; ils ont bâti des cités, soutenu les habitants, les ont instruits, soignés, leur donnant le pain du corps et le pain de l’âme, malheureusement cette implication politique a souvent entraîné des compromissions et un affadissement de l’Evangile. Quand l’Eglise de Dieu se prend pour césar, elle se corrompt, elle risque de perdre sa liberté de ton, quand le prêtre devient abbé de cour et ne peut plus rien dire au puissant. L’église de Dieu n’a rien à faire avec le pouvoir civil, chaque fois qu’elle s’en est servi, chaque fois qu’on le lui a remis ça a été pour sa perte.
Ce temps est révolu et c’est heureux. Mais nous vivons aujourd’hui dans une toute autre époque ou c’est césar qui se prend pour Dieu ! Ou il voudrait tout régenter, non seulement les corps et les intelligences, les relations entre les hommes, la santé et la sécurité (sainte Edwige priez pour nous !) mais bien plus régenter les cœurs et les âmes. Atteindre l’homme jusqu’en son fond pour le transformer selon son modèle, ce fut la tentation de toute les utopies, celle de tout les totalitarismes (et il est des jours où je me demande si insensiblement, doucement, mollement, nous ne consentons pas à une forme de totalitarisme feutré) Stop ! C’est ici que retentit la parole claire et libératrice de Jésus-Christ : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Rendez à césar tout ce qui est frappé de son sceau, rendez ce qui lui est dû : le respect de son autorité, le paiement de l’impôt, l’observation des lois justes. Mais voilà ça s’arrête là, au-delà, César tu ne passes pas, au-delà c’est un domaine réservé où tu n’as pas droit de cité, au-delà c’est le pays de ma liberté et de ma conscience.
Mais prenons garde car César pourrait vouloir frapper de son sceau d’autre matière, étendre son influence . Quand jésus prend cette pièce d’argent c’est l’autorité de l’état qu’il désigne, mais il existe d’autre césars qui cherchent à étendre leur emprise sur nous, des petits césars, des césars bien plus insidieux : nous les connaissons, c’est cette console de jeu qui te coupe de tes amis, la télé qui te captive (et que le mot est juste), l’ambition ou l’argent qui nous font mépriser les autres, c’est l’orgueil insidieux et le jugement facile, en un mot c’est le péché qui cherche à nous marquer de son empreinte et qui y parvient trop souvent. Et bien toutes ces pièces marquées du sceau de césar : rendons les à césar !
Et à Dieu, que faut-il rendre à Dieu ? Il est mignon jésus, mais il est un peu vague. « Rendez à césar ce qui est à césar et à Dieu ce qui est à Dieu » pour césar on voit un peu mieux, mais pour Dieu…Quelle est cette pièce précieuse marquée à l’effigie de Dieu, cette pièce qu’il faut lui rendre aussi, cette pièce qui lui appartient ?
Cette pièce, c’est notre âme, notre cœur ! Oui, au jour de notre baptême Jésus-Christ l’a marqué de son sceau, il nous a marqué de son empreinte, comme une marque de possession : nous appartenons au Christ, nous sommes à Dieu, non pas comme des esclaves appartiennent à leur maître mais comme des fils sont de leur Père, comme une marque d’amour, c’est pour cela que cette empreinte est indélébile, parce que nous ne pourrons jamais empêcher Dieu de nous dire je t’aime, nous ne pourrons jamais faire qu’il cesse de nous aimer.
Nous pourrons bien demander à être rayé des registres du baptême parce que nous ne voulons pas être aimés, rien n’y changera, ce que Dieu a donné Il ne le reprend pas, nous sommes marqués au fer rouge, rougis au feu de l’Esprit.
Nous sommes marqués de son sceau et contrairement à tous les autres sceaux humains qui disparaîtront, qui s’effaceront, l’empreinte de Dieu sur notre âme est éternelle. Il est comme ça Dieu, tout ce qu’il fait est éternel, il ne signe ni CDD, ni CDI, que des CDE : des Contrats à Durée d’Eternité.
En marquant notre âme, Dieu y inscrit, sa foi, son espérance et sa charité. Vous avez vu ces vieilles pièces de monnaie qui a force de traîner au fond des pantalons finissent par perdre leur effigies….l’image de Dieu en nous est indélébile, bien plus il nous appartient de la faire briller, de la faire rayonner comme dit saint Paul, que cette foi inscrite au plus profond de notre cœur soit active, que cette espérance tienne bon, que cette charité se donne de la peine.
« Rendez à césar ce qui est à césar et à Dieu ce qui est à Dieu »
Offrons notre cœur à Dieu, pour qu’il continue son œuvre, cette œuvre commencée au jour du baptême. Remettons lui notre âme, pour que jour après jour comme un potier il la façonne, toujours plus à son image. Abandonnons-lui nos vies pour qu’elles rayonnent de sa vie. C’est ça que Dieu attend de nous, c’est cette louange que nous devons lui rendre !