Je crois que j’ai trouvé le moyen de remplir les églises. Pourquoi les gens ne viennent pas à la messe ? parce que ça les gonfle d’entendre tous les dimanches la même chose, de réentendre d’année en année les mêmes Evangiles et bla bla bla…, les mêmes épîtres, et saint Paul au thessa je sais pas trop quoi et saint paul au corin bidule, les mêmes prophètes et un coup Amos et un coup Isaïe et une louche d’Ezéchiel, que des vieux, que des has been, il faut de la nouveauté du fun, il faut du strass de la paillette, de la tendance.
On devrait dire au gens ce qu’ils ont envie d’entendre : par exemple : première lecture, un peu d’exotisme, un coup les upanishad indien, un coup les mantras bouddhiques, un coup une prière d’un chamane indien, la fois suivante, les élucubrations de Rael histoire de balayer les spiritualités fumeuses, à la place du psaume un peu de nouveauté, un peu de rythme : je sais pas on pourrait prendre pour l’année A prendre une fois Rihanna, l’année B on piocherait chez voyons B comme Beyoncé et l’année C chez Cali ; pour la deuxième lecture on prendrait un petit extrait de Houellebecq ou Nothomb, ou le dernier succès de librairie et pour l’Evangile, notre bible à tous, le magazine le plus lu : Voici ou Gala ou Closer, toujours pareil on changerait selon les années et là, c’est le succès garanti : imaginez le prêtre : bonne nouvelle de Brad Pitt selon Closer et je vous lirai quelques ragots croustillants, un truc bien nourrissant pour la vie spirituelle, j’y vois quelques gros avantages , d’une part on resterait toujours à la pointe de l’actualité et d’autre part on ennuierait pas le peuple, ah oui autre chose, on se lasserait très vite (infiniment plus vite qu’avec l’Evangile) et on crèverait l’âme vide et desséchée, sans la moindre nourriture !
Non au risque de ne pas remplir nos églises, nous ne sommes pas là pour le fun, nous ne sommes pas là pour connaître le dernier potin sur les frasques, nous sommes là pour Jésus Christ, celui que nous transmet saint Luc, c’est ce qu’il nous dit au début de son Evangile : « j’ai décidé d’écrire un récit sur Jésus-Christ afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus » nous sommes là parce que la joie du Seigneur est notre rempart comme nous dit Esdras, nous sommes là parce que le Seigneur est notre rocher, notre défenseur comme nous dit le Psaume 18. Et ça nous n’aurons jamais assez d’une vie pour le lire et le relire, pour nous en nourrir, pour le mâcher et le remâcher comme on fait avec un chewing-gum, jusqu'à lui avoir fait donner tout son goût, mais la parole de Dieu à la différence de tous les chewing-gum, à la différence de tous les magazines people qui bien vite n’ont plus aucun goût, la parole de Dieu, plus on la mâche plus elle a de goût, c’est pour ça que l’Eglise nous la sert chaque dimanche, sans se lasser : pour nourrir notre vie, pour bâtir notre vie
ce rocher dont parle le psaume, ce rempart dont parle Esdras, cet enseignement solide que nous livre saint Luc, voilà de quoi nous avons besoin pour bâtir notre vie, voilà ce que nous procure la parole de Dieu.
La parole de Dieu est le meilleur moyen pour connaître Dieu, l’Evangile est le moyen le plus simple et le plus sûr pour connaître Jésus-Christ, pour une simple et bonne raison que c’est le moyen qu’il a voulu pour se faire connaître, Jésus n’a rien écrit lui-même, il a laissé ce soin, à ceux qui ont été ses témoins, il a donné à saint Luc, à saint Marc à saint Matthieu à saint Jean l’assistance de l’Esprit Saint pour que cette parole ne soit pas seulement une parole d’homme (comme celle du dernier chroniqueur de voici) mais une parole inspirée, une parole qui acquiert ainsi l’autorité et la solidité de celui qui l’inspire de l’Esprit Saint.
Alors bien sûr, il faut faire confiance à Celui qui l’a écrite, il faut faire confiance à l’Eglise qui nous la transmet depuis 2000 ans, il faut faire confiance à Jésus-Christ ! C’est vrai ! Mais pour bâtir une vie, pour grandir il faut toujours faire confiance à quelqu’un, on n’avance jamais seul, on ne peut pas vivre en étant en permanence dans la méfiance ou dans l’indifférence, il arrive toujours un moment où il faut choisir celui à qui on va faire confiance : à l’Evangile ou à Gala ; à saint Luc ou à houellbecq; à Jésus-Christ ou à nos idoles modernes ?
Saint Luc adresse son Evangile à Théophile : celui qui aime Dieu ou bien celui qui est aimé de Dieu, c’est nous !
C’est à chacun de nous qu’il l’adresse au fond.
Si nous sommes là ce soir c’est parce que nous avons choisi de faire confiance à Jésus-Christ, Si nous sommes là ce soir c’est parce que nous croyons que le Seigneur est notre rocher !