Quelques perles sorties de la plume d'écrivains catholiques (ou autres)
L'aventure des saints
« Car la sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure. Qui l’a compris une fois est entré au cœur de la foi catholique, a senti tressaillir dans sa chair mortelle une autre terreur que celle de la mort, une espérance surhumaine. Notre église est l’Eglise des saints »
G. Bernanos – Jeanne relapse et sainte
Déchristianisation.
« je le dis, je le répète, je ne me lasserai jamais de proclamer que l’état du monde est une honte pour les chrétiens. Le sacrement de baptême leur a-t-il été conféré simplement pour leur permettre de juger de haut, avec mépris, les malheureux incrédules qui, faute de mieux, poursuivent une entreprise absurde, s’efforçant inutilement d’instaurer, par leur propre moyen, un royaume de justice sans justice, une chrétienté sans Christ ? Nous répétons sans cesse avec des larmes d’impuissance, de paresse et d’orgueil que le monde se déchristianise. Mais le monde n’a pas reçu le Christ, c’est nous qui l’avons reçu pour lui, c’est de nos cœurs que Dieu se retire, c’est nous qui nous déchristianisons, misérables ! »
G. Bernanos – Français si vous saviez
paradis
"Dieu avait chassé l’homme du paradis terrestre, l’homme aujourd’hui chasse Dieu de toute la terre."
Léon Bloy – Journal
Viol des idées
« A l’heure actuelle je ne connais pas de système ou de parti auquel on puisse confier une idée vraie avec le moindre espoir de la retrouver intacte le lendemain, ou simplement reconnaissable. Je dispose d’un petit nombre d’idées vraies, elles me sont chères, je ne les enverrai pas à l’assistance publique, pour ne pas dire à la maison publique, car la prostitution des idées est devenue dans le monde entier une institution d’état. Toutes les idées qu’on laisse aller toute seule, avec leur natte sur le dos et un petit panier à la main comme le chaperon rouge, sont violées au premier coin de rue par n’importe quel slogan en uniforme »
G. Bernanos – La liberté pour quoi faire ?
Conformisme universel
« Je suis un homme comme vous, n’importe lequel d’entre vous, mais je sens ce que vous ne sentez pas, ce que vous subissez sans le sentir – l’immense pression exercée à chaque heure, jour et nuit, sur nous tous, par le conformisme universel, anonyme, disposant de ressources inépuisables, de méthodes ingénieuses et implacables pour la déformation des esprits »
G. Bernanos – Le chemin de la croix aux âmes.
Les choses divines
« C’est aux choses divines de garder les choses humaines et pas le contraire »
Jacques Maritain
Plus haut
"Peu importe de tomber si c'est en montant"
anonyme du XXI°
Miracle
« le miracle c’est le retour à l’ordre naturel »
Léon Bloy
la prière des pauvres
"Si vous êtes réellement devenu chrétien, c’est que des pauvres ont prié et souffert pour vous. "
Léon Bloy Journal 1910

Juste milieu?
« On dit que la vérité se trouve dans le juste milieu, autant dire tout de suite que sa place naturelle est entre deux mensonges … Pour moi le meilleur moyen d’atteindre la vérité c’est d’aller jusqu’au bout du vrai, quels qu’en soient les risques »
G. Bernanos
Obéissance chrétienne
« La totale docilité n’est pas si loin qu’on pense de la totale révolte. L’obéissance chrétienne a pour nature un caractère héroïque. »
G. Bernanos in Le chemin de la croix aux âmes
Ceux qui se font tuer
« le moindre petit garçon de nos catéchisme sait que la bénédiction de tous les hommes d’Eglise ensemble n’apportera jamais la paix qu’aux âmes déjà prête à la recevoir, aux hommes de bonne volonté. Aucun rite ne dispense d’aimer… Nous respectons les services d’intendance, la prévôté, les majors et les cartographes, mais notre cœur est avec les gens de l’avant, notre cœur est avec ceux qui se font tuer »
G. Bernanos – Jeanne relapse et sainte
Trouble
« Ce qui vient et ne trouble pas mérite peu d’égard »
René Char
Martyrs
« Certes tout est possible, sauf de soumettre par la force un esprit qui veut vivre libre. Quand la vérité n’a plus de soldat, elle en appelle aux martyrs »
Bernanos in Le lendemain c’est vous.
L'Eglise en armes
« Ce qui importe c’est de savoir ce qu’est exactement l’homme chrétien. Car il y a un type de l’homme chrétien, et ce type est consacré par l’Eglise elle même : c’est le saint. Les saints sont l’armée de l’Eglise. Juge-t-on la force d’un peuple sur la qualité de ses diplomates ? et bien les diplomates de l’Eglise ne valent pas grand-chose ; et précisément parce qu’ils sont médiocres, ils cèdent difficilement la place ; ils ressemblent à ces jongleurs maladroits qui recommencent vingt fois leur tour. Mais l’Eglise en arme, c’est l’Eglise debout et les saints au premier rang. »
G. Bernanos – Lettre aux anglais
Audace
« Crèverons-nous sans avoir osé? »
G. Bernanos
L'avenir se fait
« Les voix libératrices ne sont pas les voix apaisantes, les voix rassurantes, elles ne se contentent pas de nous inviter à attendre l’avenir comme on attend le train. L’avenir est quelque chose qui se surmonte ; on ne subit pas l’avenir on le fait »
Georges Bernanos in La liberté pour quoi faire ? 
Âmes femelles
« comment voulez vous que je ne scandalise pas certaines âmes femelles ? Cela est dans la nature même, le sang de la croix leur fait peur. »
G. Bernanos
Prudence
« Je ne suis pas un homme prudent, penser n’est pas pour moi une besogne ou un plaisir, c’est un risque. »
Georges Bernanos in La liberté pour quoi faire ?
Le risque
« la masse des hommes préfère la servitude dans la sécurité au risque dans l’indépendance »
Emmanuel Mounnier
Engraisser en paix
« Je ne me lasserai pas de répéter qu’il y a des hommes qui se vantent d’aimer la liberté parce qu’ils en jouissent. Loin de vouloir lui sacrifier quoi que ce soit, ils entendent bien qu’elle leur épargne tout sacrifice, qu’elle leur permette de s’engraisser en paix, et même qu’elle facilite leur engraissement »
Bernanos in Le lendemain c’est vous.
Tout donner
« Combien il est plus facile de tout donner que de donner à moitié !
Tout ce que nous gardons est un cancer dans nos entrailles »
Jacques Maritain
Vocation de la France
« Notre vocation à nous Français n’est pas de conserver mais de servir »
Bernanos in Le lendemain c’est vous.
Tout risquer
« Et je dirai à mon peuple, vous ferez comme moi : vous risquerez tout pour ne pas perdre tout »
Pearce - 1° président de la république unifiée d’Irlande
Danger
« Là où est le danger, là aussi croît ce qui sauve. »
Holderlin
Risque.
« Nous sommes les fils des cathédrales et non des opulentes églises de la renaissance si dorées, si confortables, des luxueux salon de prière si propices aux examens de conscience minutieux, dirigés par des professeurs de psychologie, avec des exercices si compliqués que toute la vie se passe à tremper et retremper une volonté dont on risque de n’avoir jamais le temps de se servir pour le bien du prochain. Nous ne sommes pas fait pour ces travaux en chambre. Nos cathédrales sont si hautes et si ouvertes que nous avons appris à ne pas craindre les courants d’air. Nous prenons le christianisme comme nous prenons la vie – les deux ne font qu’un – nous le prenons comme un risque. Nous n’avons jamais souhaité être traité en nourrissons. Nous sommes de libres enfants du Bon Dieu. »
Bernanos in Le lendemain c’est vous.
La preuve
« La preuve du pain c’est qu’il nourrit, ceux qui n’y goûtent pas ne le savent pas »
Paul Claudel
Chevalerie
« La chevalerie a fleuri sur l’égoïsme, la férocité, le désespoir du monde. L’honneur chevaleresque c'est-à-dire le renversement des valeurs du monde, le mépris de l’argent, l’exaltation de la pauvreté, la force ne tirant sa dignité que du service rendu aux faibles, la force devenue servante, a été consacré une fois pour toute. »
G. Bernanos in Lettre aux anglais.
Enfants de France
« Enfants de France, ils vous disent que je répète toujours la même chose. C’est qu’il faut bien que je vous répète la vérité autant de fois qu’ils vous ont répété le mensonge »
Bernanos in Le lendemain c’est vous.
Allez de l'avant
« Enfants de France, les tartuffes du nouvel ordre prêchent l’union. Nous savons ce qu’ils entendent par là. Les hommes de la capitulation vous invitent à capituler une fois de plus avec vos idéals et vos drapeaux. Moi je vous dis : allez de l’avant, marchez droit demain vers ce qui vous semblera juste et vrai. Les homme de la déroute font semblant de pleurnicher en s’accusant de s’être combattu au nom des principes. Ils mentent. C’étaient bien plutôt les convictions qui manquaient à notre pays, mais il regorgeait d’intérêts et d’appétits, de sceptique et de cynique. allez de l’avant ! débrouillez vous ! Il est bon qu’il y ait chez nous des communistes, des anarchistes, des royalistes, des socialistes, s’ils sont sincères – pourvu qu’on en ait fini avec les conservateurs. il est bon qu’il y ait des croyants et des incroyants, des croyants pour servir le Bon Dieu, des incroyants pour faire honte à ceux qui croient le servir en méprisant leur prochain, aux bigots fanatiques, aux gens d’église ambitieux. Il est bon qu’il y ait des anarchistes pour cracher à la figure des lâches qui nourrissent l’abject espoir d’être, de la naissance à la mort, entretenu par l’état. L’union d’un grand peuple ressemble à l’équilibre d’un homme qui marche, elle se défait et se refait sans cesse. allez de l’avant ! Vous n’avez à haïr que les traitres, à mépriser que l’imposture. a condition que vous restiez loyaux et sincères, le génie français se chargera de simplifier et de réconcilier pour vous. Que vos opinions diffèrent, qu’importe, si vous restez d’accord sur l’honneur et la justice ? nous avons failli périr non de la lutte des idées, mais de la démission des consciences»
Bernanos in Le lendemain c’est vous.
La vérité
« Il semble qu’en ce temps la vérité soit trop forte pour les âmes
et qu’elles ne puissent plus se nourrir que de vérités diminuées »
Jacques Maritain in Antimoderne
Saint
« Pour devenir un saint il faut d’abord être un homme. »
Bernanos in le chemin de la croix aux âmes
Les huitres et les moules
« les animaux qui pour lutter contre le danger se sont fixés dans un coin et alourdis d’une carapace n’ont donné que des moules et des huitres. Ils vivent d’épaves. Il faut affronter, inventer, foncer. »
Emmanuel Mounnier
L'homme libre.
« l’homme capable de s’imposer à lui même sa discipline, mais qui n’en reçoit aveuglément de personne. L’homme pour qui le suprême confort est de faire ce qu’il veut, quand il veut dût-il payer de la solitude et de la pauvreté ce témoignage intérieur auquel il attache tant de prix ; l’homme qui se donne ou se refuse, mais qui ne se prête jamais, voila l’homme libre »
Georges Bernanos
être là
« Le principal au point de vue de l’existence dans l’histoire n’est pas de réussir (ce qui ne dure pas)
mais d’avoir été là (ce qui est ineffaçable) »
Jacques Maritain
Amour propre
« tout les biens m’ont été donnés quand je ne les ai plus recherchés par amour propre"
Saint Jean de la Croix
la jeunesse est faites pour l'héroïsme
« Ne croyez point ceux qui vous diront que la jeunesse est faîtes pour s'amuser: la jeunesse n'est point faites pour le plaisir, elle est faites pour l'héroïsme. c’est vrai, il faut de l’héroïsme à un jeune homme pour résister aux tentations qui l’entourent, pour croire tout seul à une doctrine méprisée, pour oser faire face sans reculer d’un pouce à l’argument, au blasphème, à la raillerie qui remplisse les livres, les rues et les journaux, pour résister à sa famille et à ses amis, pour être seul contre tous, pour être fidèle contre tous. Mais « prenez courage, j’ai vaincu le monde ». Ne croyez pas que vous serez diminué, vous serez au contraire merveilleusement augmenté. C’est par la vertu que l’on est un homme. la chasteté vous rendra vigoureux, prompt, alerte, pénétrant, clair comme un coup de trompette et tout splendide comme le soleil du matin. la vie vous paraîtra pleine de saveur et de sérieux, le monde de sens et de beauté. »
Paul Claudel - Lettre à Jacques Rivière
Faire face
« Lorsque le risque vient à nous, il s’agit premièrement de lui faire face puisqu’il serait encore plus dangereux de lui tourner le dos. La prudence n’est alors que l’alibi des lâches »
Georges Bernanos in La liberté pour quoi faire ?
La vérité
"le scandale nest pas de dire la vérité, c'est de ne pas la dire toute entière, d'y introduire un mensonge par omission qui la laisse intacte au dehors, mais lui ronge, ainsi qu'un cancer, le coeur et les entrailles."
G. Bernanos - scandale de la vérité
Sainte Jeanne d'Arc
À moi qui n’est de rien. Tout beau, madame. On est toujours de quelque part, on est toujours de quelque chose et de quelqu’un dans la chrétienté. Il n’y a pas de va nu pieds et de propres à rien dans la chrétienté. Il n’y a pas de vagabonds, d’errants.
Vous qui êtes de saint François ; à moi qui suis de saint Remy, et de saint Jean et de sainte Jeanne. De saint Remy pour ma paroisse ; et de saint Jean et de sainte Jeanne pour mon baptême, pour le baptême de mon nom, pour le parrainage de mon baptême. De saint Remy comme paroissienne. Et de saint Jean et de sainte Jeanne comme chrétienne, comme baptisée, comme baptisée chrétienne. Saint Remy le patron, le grand patron de ma paroisse. Et saint Jean et sainte Jeanne mes patrons, mes grands patrons.
Les grands patrons de mon baptême.
Mes patrons de mon baptême et mes patrons du ciel.
Mais le grand patron c’est Jésus, notre patron, notre grand patron, le grand patron de tout le monde.
Et la sainte Vierge est notre mère.
Vous qui êtes de saint François ; à moi qui suis de saint Remy, et de saint Jean et de sainte Jeanne.
Vous qui êtes de Jésus ; à moi qui suis de Jésus.
Le mystère de la charité - Charles Péguy
l'élévation
Peuple de barons français, peuple qui lève la tête,
Peuple qui sait parler aux grands.
Et par conséquent à moi le Très-grand.
Ceux qui lèvent toujours la tête
On ne voit pas qu'ils baissent aussi la tête
A l'Offertoire et à l'Elévation du Corps de mon Fils
Mais ces Français qui lèvent toujours la tête
Qui ont toujours la tête droite et haute,
Quand dans une église cent cinquante
Ou deux cents rangées de Français à genoux
Baissent la tête ensemble en même temps
Trois fois aux trois coups de la sonnette
Pour l'Offrande et pour l'Offertoire
Et pour la Consécration et pour l'Elévation du corps de mon fils,
Ca se voit, qu'ils baissent la tête et tout le monde comprend
Que ça vaut la peine,
Que c'est un instant solennel et le plus grand mystère
Et le plus grand instant qu'il y ait dans le monde.
Charles Péguy
sans foi
"Celui-là est sans foi, qui n'est capable de rien d'éternel. "
Paul Claudel - L'Otage
"Il est bon d'avoir à soi quelque chose pour le donner. "
Paul Claudel - L'Otage
"Il y a une chose plus triste à perdre que la vie, c'est la raison de vivre,
Plus triste que de perdre ses biens, c'est de perdre son espérance,
Plus amère que d'être déçu, et c'est d'être exaucé. "
Paul Claudel - L'Otage
Dialogue des carmélites
« On est toujours indigne de ce qu'on reçoit, mon enfant, car on ne reçoit jamais rien que de Dieu. »
Bernanos - Dialogue des Carmélites
La jeunesse
La jeunesse n'est pas une période de la vie,
Elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,
Une qualité de l'imagination, une intensité émotive,
Une victoire du courage sur la timidité,
Du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années :
On devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l'âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.
Il demande comme l'enfant insatiable : Et après ?
Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir.
Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.
Si un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
Eloge de la fatigue
Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine, 
Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites enfin que je suis fatigué.
Oui je suis fatigué, Monsieur, et je m'en flatte.
J'ai tout de fatigué, la voix, le cœur, la rate,
Je m'endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas.
Ou quand je m'en soucie, je me ridiculise.
La fatigue souvent n'est qu'une vantardise.
On n'est jamais aussi fatigué qu'on le croit !
Et quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ?
Je ne vous parle pas des sombres lassitudes,
Qu'on a lorsque le corps harassé d'habitude,
N'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons...
Lorsqu'on a fait de soi son unique horizon...
Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre...
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;
Elle fait le front lourd, l’œil morne, le dos rond.
Et vous donne l'aspect d'un vivant moribond...
Mais se sentir plier sous le poids formidable.
Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable,
Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain,
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,
Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s'en user le cœur...
Cette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur.
Et sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre, On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu'on est le port et la route et le quai,
Où prendrait-on le droit d'être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
Parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.
La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste,
C'est le prix d'une journée d'efforts et de luttes.
C'est le prix d'un labeur, d'un mur ou d'un exploit,
Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,
C'est la preuve, Monsieur, qu'on marche avec la vie.
Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
J'écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
Et ma fatigue alors est une récompense.
Et vous me conseillez d'aller me reposer !
Mais si j'acceptais là, ce que vous proposez,
Si je m'abandonnais à votre douce intrigue...
Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue.
Francais
"C'est embêtant, dit Dieu. Quand il n'y aura plus ces Français, - Il y a des choses que je fais, il n'y aura plus personne pour les comprendre."
Charles Péguy, Le Mystère des Saints Innocents (1912)
Désobéissance
"Je désobéirai si la justice et la vérité le veut. "
Charles Péguy, Pensées, 1934
Vulnérables
“Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C'est d'avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme même perverse. C'est d'avoir une âme habituée.
On a vu les jeux incroyables de la grâce et les grâces incroyables de la grâce pénétrer une mauvaise âme et même une âme perverse et on a vu sauver ce qui paraissait perdu. Mais on n'a jamais vu mouiller ce qui était verni, on n'a pas vu traverser ce qui était imperméable, on n'a pas vu tremper ce qui était habitué.
Les “honnêtes gens” ne mouillent pas à la grâce.
C'est que précisément les plus honnêtes gens, ou simplement les honnêtes gens, ou enfin ceux qu'on nomme tels, n'ont point de défauts eux-mêmes dans l'armure. Ils ne sont pas blessés. Leur peau de morale, constamment intacte, leur fait un cuir et une cuirasse sans faute.
Ils ne présentent pas cette ouverture que fait une affreuse blessure, une inoubliable détresse, un regret invincible, un point de suture éternellement mal joint, une mortelle inquiétude, une invincible arrière-anxiété, une amertume secrète, un effondrement perpétuellement masqué, une cicatrice éternellement mal fermée. Ils ne présentent pas cette rentrée à la grâce qu'est essentiellement le péché. Parce qu'ils ne sont pas blessés, ils ne sont pas vulnérables. Parce qu'ils ne manquent de rien, on ne leur apporte rien. Parce qu'ils ne manquent de rien, on ne leur apporte pas ce qui est tout.
La charité même de Dieu ne panse point celui qui n'a pas de plaies.
C'est parce qu'un homme était par terre que le Samaritain le ramassa. C'est parce que la face de Jésus était sale que Véronique l'essuya d'un mouchoir. Or celui qui n'est pas tombé ne sera jamais ramassé ; et celui qui n'est pas sale ne sera pas essuyé.”
Charles Péguy "Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne"
Pénitence
Que vos pénitences soient des pénitences de détente, malheureux enfants, et des contritions de rémission
et de remise en mes mains et de démission.
(De démission de vous).
Vous êtes ainsi, je vous connais.
Vous ferez tout pour moi, excepté ce peu d’abandonnement
qui est tout pour moi.
Soyez donc comme un homme qui est dans un bateau sur la rivière
et qui ne rame pas tout le temps
et qui quelquefois se laisse aller au fil de l’eau.
Charles Péguy "Le mystère des Saints Innocents"
Lumière
Rien n’est plus agréable à Dieu que le salut des hommes et leur retour, c’est la clef de tout enseignement et de tous les mystères. Il en sera ainsi si vous êtes comme une lumière dans le monde, comme une force vitale pour les autres hommes, et comme de petites lumières autour du Christ, la Grande Lumière, reflétant sur vos traits sa Splendeur céleste.
Saint Grégoire de Nazianze
Rayonner
Demeure en moi, Seigneur Jésus, et alors je pourrai, comme Toi, rayonner au point d’être à mon tour une lumière pour les autres, lumière, Seigneur, qui émanera complètement de Toi.
C’est Toi qui, à travers moi, illumineras les autres. Ainsi ma vie deviendra une louange à ta gloire, la louange que tu préfères, en Te faisant rayonner sur ceux qui nous entourent.
Cardinal J.H Newman
Impossible
Tout le monde croyait que c'était impossible à faire, quelqu'un est arrivé qui ne le savait pas et il l'a fait.
Winston Churchil
à quoi bon?
Le démon de notre coeur s'appelle "à quoi bon!"
Georges Bernanos
Coeur dur
l'homme de ce temps à le coeur dur et la tripe sensible.
Georges Bernanos in les grands cimetierres sous la lune
Ce que l'Église offre
L'Église de Jésus n'a rien d'autre à vous offrir que la foi, la charité et l'espérance des premiers disciples. Ceux-ci vivaient à une époque plus dure encore que la nôtre. Ils étaient de petites gens. Ils n'ont pas transformé le monde à la manière des politiques, des savants ou des philosophes. Ils ont fait bien davantage, ils lui ont annoncé le salut, parce que l'Évangile leur a appris ce qu'il y a dans le cœur de l'homme.
Mes frères, vous êtes aujourd'hui le sel de la terre. C'est à vous de révéler, à ceux qui vous entourent et pour qui tout est fade, le goût divin de l'existence humaine. Nul ne peut vous remplacer. Vous êtes le peuple de Dieu, vous apporterez votre témoignage à la manière du peuple, sans bruit, ensemble, fraternellement.
L'Église de Jésus vous appelle chacun à devenir des saints. C'est à ce signe d'abord que vous la reconnaîtrez. Elle vous demande d'être pauvres, miséricordieux, véridiques, purs, artisans de paix et de justice. À temps et à contretemps, elle vous rappelle que rien dans vos cœurs n'est au-dessus de l'amour de Dieu. Et elle vous dit qu'elle ne peut rien pour vous en dehors de Jésus, le Fils de Dieu fait homme, mort pour tous, ressuscité le troisième jour, dont l'Esprit nous fait revivre et qui, de toute race, de toute nation, de toute classe, nous rassemble dans le partage de son corps et de son sang, avant qu'il ne revienne à la fin du monde. Telle est l'Église aujourd'hui.
Mgr Daniel Pezeril
Dicton
Peu, bien, jusqu'au bout.
anonyme du XXI° s
Maxime
Dieu est mon tout, le reste on s'en fou!
anonyme du XXI° s
Le mal
on n'explique pas le mal; ce que l’on explique devient rationnel, intellectuellement admissible. Or le mal est inadmissible. Le mal, ça ne s’explique pas, ça se combat.
F. Varillon