Les lutins du petit père Cohen - 3° dimanche de l'avent B
Vous connaissez la dernière? J'espère que vous êtes au courant. On en parle partout. La nouvelle est sur toutes les affiches du centre ville: "Les lutins envahissent Toulouse". Si, si, les lutins sont vraiment arrivés et c'est même monsieur le maire, rien de moins, qui les a accueillis au Capitole (...) Là, je crois que notre pauvre France a vraiment touché le fond; pas tant à cause du côté ridicule de ce genre d'animation - un lutin c'est carrément moche et ça fait peur aux gosses avec leurs oreilles pointus - mais à cause de cette folle prétention de l'homme-sans-Dieu à vouloir faire disparaître de la fête de Noël toute référence au Christ. Car c'est bien cela qui se cache derrière cette mascarade lutinesque... A grand renfort d'imaginaire profane, voir païen, à grand coup de bottes du Père Noël et de ses sbires, on cherche à erradiquer une bonne fois pour toute le contenu chrétien de Noël. Le pire, c'est que ce type d'entreprise d'extermination de notre héritage se fait sous le couvert de bonnes intentions: promouvoir la tolérance et une atmosphère féérique et joyeuse!
A cette joie-là, nous disons non merci! Et nous avons raison. Nous avons raison de nous méfier des imitations. "Soyez toujours dans la joie", nous dit s. Paul ... mais il nous dit aussi, "discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le; éloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal." Cette joie que nous propose le monde, c'est une joie sans Dieu, c'est une coquille vide. Jamais une telle joie mondaine ne pourra combler le coeur des enfants du bon Dieu. Tout homme, toute femme en ce monde aspire à autre chose que ces joies frelatées. Si ces festivités-sans-petit-Jésus contribueront aux bonnes affaire des commerçants ouverts le dimanche, jamais elles ne répondrons à nos attentes les plus profondes.
Ce que nous aimerions voir fleurir sur les panneaux publicitaires de nos cités, c'est une autre nouvelle, celle de la Bonne Nouvelle du salut qui s'adresse à tous les pauvres gars et filles que nous sommes. "Il est arrivée dans ta vie celui qui vient guérir ton coeur brisé, celui qui vient te délivrer des liens du péché et te rendre ta liberté. Il est arrivé pour te rendre l'innocence, pour te revêtir des vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux." Ca pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle! Là voilà la vraie cause de notre joie, et cette joie nul ne pourra nous l'enlever.
A un monde qui tourne le dos au bon Dieu et par conséquent qui dit non au bonheur, il nous faut avoir l'audace d'un Jean-Baptiste pour lui rappeler: "au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas". "Au milieu de vous, tout près de vous se tient celui qui seul peut vous apporter cette joie que vous cherchez". Il nous faut avoir l'audace de le proclamer haut et fort : "avec de telles niaiseries, avec cette folle prétention qu'on peut se passer de Dieu, vous allez droits dans le mur. Le lendemain de Noël, vous risquez de vous trouvez comme des ânes, la tête dans la mangeoire, avec quatre crédits à la consommation sur le dos et le goût amère de la déception, car vous vous rendrez compte que la société vous a trahi. Elle qui vous promettait de vous offrir les conditions favorables à votre bonheur, n'a été capable que de vous encourager dans vos penchants mauvais."
Une société qui n'a plus à offrir que des lutins et des magasins ouverts le dimanche, c'est une société dans avenir, sans espérance. C'est une société qui a trahi sa vocation, cette belle vocation qui est de pourvoir au bien commun de tous et de chacun. Une société qui refuse toute référence à la transcendance ne sert plus le bien commun, mais les intérêts particuliers, les plus terre-à-terre, égoïstes, mercantiles et vils. Une telle société qui ne créé plus les conditions favorables à l'exercice libre de la vie spirituelle de ses citoyens est une société condamnée à mourir.
Frères et Soeurs, en disant non aux lutins et autres farces, en allant à contre-courant d'un monde qui chasse Dieu de son horizon, on nous regardera sans doute comme des bêtes curieuses, comme des ânes. Mais nous au moins, le 24 décembre à minuit, nous nous serons pas des ces ânes affalés devant la télé à visionner le bêtissiersde la star' ac, mais nous serons de ces ânes blottis auprès de la mangeoire, contemplant notre Sauveur: Jésus notre joie!