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5° dimanche ordinaire - Pour la gloire de Dieu 

 

 

            "Tout ce que vous faites: manger, boire ou n'importe quoi d'autre - dormir par exemple - , faites-le pour la gloire de Dieu". En voilà un commandement biblique qui, pour une fois, semble bien adapté à la dure réalité de la vie étudiante sous nos tropiques ! Tout ce que vous faites et donc surtout la fête... faites-le pour la gloire Dieu. S. Paul nous carresserait-il dans le sens du poil ? Serait-ce un peu de technique de vente - niveau première année de commerce - pour mieux nous vendre de la religion en barre ?

            A vrai dire, pas vraiment. Dans le contexte de l'époque, c'est-à-dire des chrétiens de Corinthe, il est question de toute autre chose. S. Paul donne ce commandement comme règle de vie à une époque où l'on pouvait participer à ce qu'on appelait des repas sacrés organisés par les païens en l'honneur de tel ou tel dieu. La question était de savoir si prendre part à ces repas, à ces manifestations publiques et sociales, pouvait oui ou non être compatible avec la foi chrétienne. En gros pour faire simple - j'en vois qui baillent déjà - ces repas sacrés n'avaient pas de valeur religieuse pour un chrétien dans la mesure où ces soi-disants dieux n'existaient pas, mais dans la mesure où cela pouvait choquer d'autres frères chrétiens ou pire, faire croire aux païens que l'on adhèraient à leur pseudo-messes, alors là ça pouvait poser sérieusement problème. La solution de S. Paul était de rappeler que pour ne pas être cause de scandale, il faut toujours se rappeler qu'aucun acte n'est jamais anodin. Un acte ou une parole peut blesser mon frère ou faire croire que j'ai renoncer à ma foi. Tout ce que je fais, dit quelque chose de ce que je crois. Tout ce que je fais, dis quelque chose de ce que je suis profondément. Je résume s. Paul: Corinthiens, quoique que vous fassiez - achtung ! clignotant rouge ! fumée sous le capot !- faîtes-le de telle manière que cela soit en accord avec la foi et l'amour du prochain : en somme pour la gloire de Dieu.

            Si le problème des Corinthiens n'est plus vraiment le nôtre - qui parmi vous a déjà été invité à un repas idôlatriques où l'on mange des idolothytes ? - la réponse de s. Paul, quant à elle est toujours d'actualité. "Quoique vous fassiez, faites-le pour la gloire de Dieu."

            Je vous mets en garde, avant d'aller plus loin, si vous prenez au sérieux cette devise et la mettez en pratique, vous risquez d'avoir des ennuis et de vous faire mal voir. En effet, dans notre société hyper-sécularisée, il n'est pas bien vu de faire de la foi ou de l'amour de Dieu et du prochain la référence de toutes ses actions. Bien au contraire, le grand slogan à la mode est plutôt dans le genre : la foi, c'est du domaine de la vie privée, très privée, et pour ce qui est de la vie publique, vos opinions religieuses, madame, monsieur, mettez-les en sourdine ! S'il faut taire ses convictions et s'écraser dans la vie publique, il n'est pas facile dans ce contexte-là de faire tout pour la gloire de Dieu. Malheur alors à celui qui oserait suivre sa conscience éclairée par la foi, car il risquerait bien de se retrouver comme le vilain petit canard nageant à contre courant.

            Imaginez, vous êtes médecins ou infirmier-infirmière scolaire.  C'est vendredi matin et une jeune femme, visiblement gênée, vient vous voir. "Voilà, hier j'étais à une soirée, plutôt arrosé et avec mon copain on a eu une relation "non-protégée"... pourriez-vous me prescrire la pilulle des "lendemains qui déchantent" ? Si vous êtes cathos et viscéralement attachés au respect du caractère sacré de toute vie humaine, là vous êtes "mal". Là vous êtes "mal", car vous savez qu'au nom de l'homme et de Dieu vous ne pouvez pas prescrire cette pilulle abortive sans être du même coup coupable de complicité avec un acte intrinsèquement mauvais. Vous êtes mal car vous allez vous retrouver très seul face à une société qui refuse de voir ce mal. On pourrait multiplier les exemples où certains comportements acceptés et jugés comme anodins par notre société sont en fait incompatibles avec notre foi, avec ce qui est vrai,  beau et bon.

            Tout faire pour la gloire de Dieu, tout faire en accord avec sa foi peut s'avérer être un vrai martyre, c'est-à-dire un véritable témoignage qui coûte mais ce témoignage en vaut la peine au nom de l'homme, au nom de Dieu. Il faut le dire, le slogan qui veut que la foi soit du strict domaine de la vie privée au nom du respect des convictions de chacun est un slogan faux ! Si c'était vrai, alors nous chrétiens, nous serions contraints de vivre comme des schizos, des personnes ayant une double personnalité. Il y aurait ainsi dans le cercle familial, le bon chrétien qui va à la messe mais qui ne le dit pas trop fort et de l'autre, dans la vie publique, il y aurait le citoyen lamda, incolore, indore, sans saveur qui ne professerait d'autre credo que celui de la tolérance tout azimuth. Là, nous disons stop. Cela ne peut pas marcher. Parce que primo, moi et le catho qui est en moi ce ne sont pas deux personnes mais l'unique et même personne. Et secundo - pas deuxio les incultes - et secundo je disais, ce slogan est faux, car cela reviendrait à renoncer à la vérité. Si la foi me donne de connaître ce qui est vrai, alors c'est tout mon être, tout ce que je fais qui se trouve comme irradié par cette vérité. Comment alors au nom de la tolérance devrait-on renoncer à faire ce que l'on croit et sait être vrai ?

            La foi, l'amour de Dieu et du prochain sont une lampe qui guident nos pas. On n'allume pas une lampe pour la mettre sous un lit, mais on la tend bien haut et on la prend avec soi partout où l'on va, sinon on se casse la gueule. Et là, ça peut faire vraiment mal, bien plus mal que le "qu'en dira-t-on" de ceux qui nous reprocheraient de vivre en accord avec ce que nous croyons.

            Alors, Frères et soeurs, tout ce que vous faites : manger, boire ou n'importe quoi d'autre, faites-le pour la gloire de Dieu. Vous êtes prevenus, si vous le faites, cela ne plaira pas à tout le monde, cela vous coûtera. Et c'est normal. Il n'y a que ce qui coûte, que ce qui a du prix qui vaut la peine d'être vécu. Notre foi est le plus beau trésor que nous puissions posséder en cette vie, alors laissons-nous conduire par elle en tout ce que nous faisons. Alors, nous ne vivrons plus et nous n'aimerons plus comme avant. Nous vivrons et nous aimerons en vérité, pour la gloire de Dieu.