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Dimanche du Christ Roi: on ne naît pas brebis on le devient.

 

Donc je résume : il y a le roi qui juge : les bons d’un coté et les mauvais de l’autre

Et les bons c’est nous et les mauvais c’est les autres ; tous les mauvais catholiques qui ne vont pas à la messe le dimanche, je vais même vous faire une confidence je crois que ceux qui ne viennent pas à la messe à saint pierre, ceux des autres chapelles ; sont un peu moins bons que vous (ils sont pas complètement chèvres, mais pas totalement brebis non plus)

Et voila j’ai fini mon homélie ; allez on passe à la prière universelle

« Ce ne serait pas un peu simpliste comme vision des choses M. l’abbé ? »

Ben non ? C’est ce qui est écrit ; pour une fois qu’on à un Evangile assez clair vous aller pas tenter de m’embrouiller et moi je vais pas tenter de vous expliquer ce qui me semble assez limpide ; l’homélie c’est fait pour ca pour donner une interprétation de l’Evangile, mais là y’a pas besoin d’être madame Irma, Nostradamus ou Elizabeth Teissier pour vous donner l’interprétation, vous avez tous compris non ?

 

« Il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.

Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

 

Donc « les chèvres de gauche à la rôtisserie éternelle et les brebis de droite à la fiesta éternelle » et voila (n’y voyez là aucune répartition sur l’échiquier politique)

 

Au risque de vous importuner, ce ne serait pas un peu simpliste et rigoriste comme vision des choses M. l’abbé ?

Oui peut être tu as raison : donc ca c’était l’interprétation un tantinet rigoriste et confortable de notre Evangile

Mais j’ai une autre lecture un tantinet laxiste… et confortable aussi (c’est étonnant comme le rigorisme et le laxisme se rejoigne souvent)

C’est plus les méchants en enfer et les bons en paradis, c’est : « ben finalement ce qui compte c’est l’amour, peace men » finalement ce qui compte c’est d’être cool, de faire le bien, de visiter les gars en prison, de nourrir celui qui a faim, de vêtir celui qui a froid et on finira tous au paradis toi et moi!

 

Bon alors là je suis paumé, c’est quoi la juste interprétation : la rigoriste ou la laxiste ?

 

Ni l’une ni l’autre ! La vérité comme toujours elle n’est pas dans les extrêmes, dans la plaine elle est en haut, en montagne, sur la ligne de crete, la ligne périlleuse et qui demande un grand équilibre.

Et ne me demande surtout pas de te dire ce qu’est la vérité ; ce qui t’épargnerai de la chercher, tu sais la recherche laborieuse et éprouvante, exigeante et belle. Eventuellement je peux te montrer le chemin de crête mais je ne peux pas le parcourir à ta place.

Parce que c’est bien de cela dont il s’agit dans notre Evangile, de parcourir un chemin, il s’agit de monter jusqu’au roi, le roi qui trône au terme du parcours au bout de notre vie, ce dont nous parle l’évangile c’est de notre vie, de la manière dont nous la conduisons, dont nous nous conduisons.

Le roi, parce que c’est bien de lui qu’il s’agit, le roi qui trie entre les brebis et les boucs, (ce qui pourrait un peu nous révolter de voir notre dieu comme un juge !) ce roi il ne juge pas, il constate, il met les brebis à droite et les boucs à gauche, en quoi ce serait dégeulasse ?

Le roi constate que certain sont chèvres et d’autre brebis, c’est de sa faute peut être ? Oui mais alors ca veut dire que ceux qui naissent chèvres sont prédestinés au feu eternel et ceux qui naissent brebis sont prédestinés à se la couler au paradis ?

Et ben non ? C’est là toute la finesse de notre Evangile : « nous ne naissons pas chèvres ou brebis, nous le devenons »

Non ! Ce sont nos actes qui nous font qui nous façonnent, ce sont nos actes qui construisent notre vie, c’est toi qui tient la pagaie de ta barque et qui décide où tu veux aller, tu peux te laisser entrainer par le courant de manière indolente et finir avec les autres, avec les feuilles mortes aussi ou bien tu peux choisir de mettre le cap sur le roi : Jésus Christ. Dieu ne dirige pas notre vie comme un automate, nous ne sommes pas non plus prédestinés, mus par une sorte de déterminisme, nous sommes des hommes libres ! (on dit catholiques en langage courant)

Il n’y a pas pour nous de fatum, de destin, de fatalité, il n’y a pas de « c’est écrit » ou de « inch Allah », notre avenir n’est pas dans les astres ou dans le marc de café, notre avenir Dieu l’a remis entre nos mains, il nous en a rendu responsable.

Nous ne sommes pas des pantins, Nous sommes des rois, rappelez vous c’est ce qu’on vous a dit au jour de votre baptême, « tu es prêtres, prophète et roi » roi parce que c’est nous qui gouvernons notre vie, c’est nous qui en sommes responsable, et c’est nous qui en assumons les actes ;

Nous sommes des rois de la race du vieux juif Mardochée qui Lorsque Amman le despote se pavane dans les rues de Suse, revêtu des oripeaux de sa puissance, alors que tous font la courbette, lui seul reste debout lançant: « Je ne me prosternerai devant personne si ce n’est devant toi Seigneur » (Est 4, 17e).

Nous sommes des rois et nous n’acceptons le règne d’aucun tyran sur nos vies, le seul devant qui nous plions le genou, c’est le roi des rois, celui que nous fêtons aujourd’hui, le christ, le roi de l’univers.

Nous sommes de sa race, de la race royale du crucifié, de son peuple, non par le sang mais par la volonté.

Nous ne ressemblons pas à nos frères parce que nous avons le même sang ou la même couleur de peau, (ca sentirait trop le délit de faciès !), nous ressemblons à nos frères parce que nous avons la même foi et la même volonté, cette volonté qui nous fait choisir Jésus Christ chaque jour, cette volonté qui chaque jour nous fait poser des actes conformes à l’Evangile du Roi, c’est cette foi et ces actes qui te transforment,

C’est cette foi et ces actes qui transforment le monde par tes mains

C’est cette foi et ces actes qui te sauvent,

C’est cette foi et ces actes qui chaque jour nous agrège au troupeau du Seigneur.

 

Ce roi vous croyez qu’il nous attend peinard assis sur son trône à la fin des temps en nous regardant trimer au quotidien ?

Ce roi, c’est aussi le berger du troupeau, celui qui est avec nous chaque jour sur la crête, celui qui « nous guide et nous conduit par le juste chemin », celui « qui fait paître son troupeau, et le fait reposer »

Ce roi c’est aussi celui qui veut faire de ton cœur son trône, ne le lui refuse pas.

 

Amen.