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Règne!                                                                              Dimanche du Christ Roi
 
Le Christ roi de l’univers, c’est de la provocation en ces temps de démocratie triomphante d’oser nous dire que le Christ est un roi. A moins qu’encore une fois ce ne soit la preuve éclatante que l’Eglise est irrémédiablement en retard de quelques siècles ! Non ! si l’Eglise était de son temps il faudrait fêter le Christ président de la république. Mais non l’Eglise n’est pas de son temps…. elle est toujours en avance sur son temps.

Mais plutôt que de nous scandaliser de la ringardise de l’Eglise Regardons de plus prêt la royauté du Christ : là ou habituellement un roi a dans son conseil tout les grands du royaume, tous les énarques du pays, jésus s’est choisi une bande de bras cassés, de pauvres pécheurs qu’il a trouvé au bord du lac de Galilée, en tout cas pas le genre de gars que vous prendriez pour gouverner un pays ou même pour fonder une Eglise ; Là ou le roi à une garde personnelle puissante et bien armé, Jésus n’a que quelques femmes qui le suivent jusqu’au sommet du calvaire ; là où le roi à un palais et une courre brillante Jésus n’a pas de pierre ou reposer sa tête, il dort dans les collines de Judée, là où on le reçoit, parmi les pauvres en général ; là où un roi aime pour manifester sa puissance porte les habits les plus riches, le Christ marche pied nu avec une seule tunique ; là ou quand il part en guerre le roi marche à la tête de ses troupes sur un cheval superbe, le Christ monte à Jérusalem sur un âne. Non, il fait bien piètre figure notre roi, je dois vous avouer qu’aujourd’hui il ne ferait pas beaucoup d’audimat, dans les sondages nous le retrouverions loin derrière Besancenot et de Villiers, il aurait bien besoin de quelques conseillers pour le coacher, le relooker, lui apprendre à parler, à se tenir en public, à s’habiller, s’il veut être roi il faut qu’il assume son statut de people! Il faut qu’il brille s’il veut faire la une de Gala, pour tout vous dire ce qui le sauverait ce serait qu’il nous pète un bon scandale, ça c’est bon pour l’audimat.
Mais comment voulez vous qu’un gars qui avait si mal commencé termine bien, rappelez vous, il était né au fond d’une étable et bien il terminera sur une croix, non décidément ce roi là le monde n’en veut pas. Mais ça c’est ce que le monde voit, dans la croix le monde voit une défaite, nous nous voyons une victoire, le monde y voit la fin nous nous y voyons le commencement, le commencement d’une grande aventure.
Oui Jésus-Christ est bien le roi de l’univers l’Eglise ne se trompe pas en nous le donnant en modèle. C’est lui l’original, les autres rois, les autres puissants les autres chefs n’en sont que des copies, ce sont eux qui ont trahit le modèle original. Alors comme d’habitude Jésus bouleverse tout, il renverse tous nos repères, de force, de puissance, de richesse, il les bouleverse pour nous révéler la vraie royauté, la seule qui compte, la royauté du cœur.
Parce que oui Jésus-Christ est un roi mais comme il dit : « son royaume n’est pas de ce monde », son royaume ne se mesure pas en km carré, son royaume il ne le conquière pas avec des divisions blindées, des charges de CRS ou sur des estrades électorale, son royaume il le gagne par la force de la charité et la douceur de la vérité parce que le royaume sur lequel il veut régner c’est notre cœur, c’est le cœur de chaque homme, c’est en cela que l’Eglise fête Jésus-Christ roi de l’univers, non pas seulement roi du midi toulousain ou même de l’Occitanie, non pas roi de France ou d’Europe mais rien de moins que roi de l’univers, parce que tant qu’il restera un cœur dans lequel il n’habite pas Jésus-Christ continuera son travail de pénétration. C’est comme ça que grandit le royaume de Dieu, Jésus-Christ avance cœur par cœur sans jamais se décourager, un cœur, puis un autre et ainsi de suite jusqu’à ce que tombe le dernier, bon il faut avouer que bien souvent nous mettons du notre pour résister.
Alors vous vous dites peut être que vous n’avez aucune envie que Dieu règne en vos cœurs : « je suis un homme libre moi, personne ne me commande, personne ne règne sur moi », l’Evangile nous avertit sur cette illusion, si nous ne choisissons pas notre roi, c’est un autre tyran qui s’imposera à nous, l’argent, la télévision, le pouvoir, le confort, la mode, le sexe, la drogue…et celui là nous fera ramper. Jésus Christ est le seul maître qui nous rende libre, vraiment libre, à tel point qu’il nous laisse même libre de le choisir ou de le rejeter.
Prenons un exemple, à quoi ressemblerait le cœur de celui qui aurait choisi comme maître mettons l’argent, « l’argent roi de l’univers » (et oui si nous fêtons aujourd’hui le Christ roi de l’univers, certain fête aujourd’hui l’argent roi de l’univers, d’autre devant téléfoot se réunisse par millier pour la grand messe du ballon rond et célèbre le foot roi de l’univers), donc l’argent roi de l’univers, règne sur un cœur, qu’y fait il ? Il prend toute la place et il dit j’en veux toujours plus, alors travaille feignasse ! Et puis il risque de nous refermer sur nous même, nous enfermant dans une sorte d’égoïsme mortel. (Je caricature un peu, à peine parce que l’argent est un vrai tyran).
Regardons maintenant une âme qui a choisi Jésus-Christ comme roi, elle l’accueille et il y fait son travail, petit à petit il y instaure son règne, la remplissant de sa paix, de sa joie, de sa force, de sa charité.
Vous vous dites encore c’est bien joli tout ça mais c’est bien des belles paroles, irréalisables, une douce utopie de jeune aumônier mal dégrossi qui ne connaît rien au monde de brutes dans lequel nous vivons, peut être, mais reprenez la finale de notre évangile : qui est le premier a qui est promis le royaume de Dieu ? C’est ce larron ce bandit cloué en croix aux cotés de Jésus. Le premier saint c’est un brigand, c’est rassurant non, alors pourquoi pas nous ?

Voulez vous que ce royaume de justice et de paix advienne, voulez vous que ce royaume de joie et de fraternité arrive ? ce n’est pas à la force des poings, ce n’est pas les armes à la main, ce n’est d’abord pas en défilant dans les rues, ce n’est pas seulement en signant des pétitions ou en levant des barricades qu’il adviendra
C’est d’abord et avant tout en faisant la révolution oui mais la révolution dans notre cœur, cette révolution du cœur elle a un nom c’est la conversion, c’est en accueillant Jésus-Christ en nos cœurs en lui demandant de venir y régner, d’en chasser nos compromissions avec le péché, nos faiblesses, que petit à petit nous bâtirons le royaume de Dieu, que nous construirons cette civilisation de l’amour.

C’est ce que nous demandons chaque jour (j’espère) en récitant le Notre Père : « seigneur que ton règne vienne sur la terre »