Sauver la fête - Les noces de Cana
Je ne sais pas si vous avez lu le dernier sondage sur les catholiques, le dernier instantané sur ce qu’est un catholique en France, à quoi ça ressemble un catholique : alors on vous en dresse un portrait robot et il traîne comme ça dans le monde une certaine image du catholique.
Prenez le da Vinci code, pour lui le catholique parfait c’est celui qui dort à coté de son lit pour éviter de trop goûter au confort, qui porte un cilice en crin autour des reins et qui dès qu’il a cinq minutes devant lui pour tuer le temps se file quelques coup de martinet histoire de se remettre les idées en place.
Ou alors vous avez le catholique exotique, celui qui fait des pèlerinages en n’oubliant pas de terminer les six derniers km à genoux, ben ouais sinon ça compte pas.
Ou encore celui, plus proche de nous, ah ouais t’es catholique, alors tu dois aller à la messe tous les dimanches, réciter ton chapelet, et surtout ne jamais faire la fête, pas une goutte d’alcool, pas un décibel au dessus de l’autre, pas d’attitude un peu trop déhanchée, voire déjantée.
En un mot, le catholique c’est le pauvre gars enfermé dans son carcan moral, incapable de se la donner, incapable de profiter de la vie.
Mais d’où elle vient cette image du catholique, de l’archétype catholique ?
En fait je sais pas exactement d’où elle vient ? elle doit venir pour une part de l’imaginaire enfiévré de quelques bouffeurs de curé, elle vient du matraquage médiatique qu’on nous inflige dès que le pape ouvre la bouche, peut-être un peu aussi de l’image que nous renvoyons, une image de catholique un peu complexé, pas toujours capable de dire paisiblement, je suis catholique. Mais oui vous savez bien on dit facilement aujourd’hui, je suis trotskyste, ou je suis homosexuel, ou encore je pratique le bouddhisme za zen, ça se porte même plutôt bien, c’est tendance, mais alors oser faire son coming out en avouant comme ça : « je suis catholique » c’est bon faut pas pousser !!!)
En tout cas si je ne sais pas exactement d’où vient cette image du catholique, je sais en tout cas d’où elle ne vient pas : elle ne vient pas de l’Evangile !
C’est peut-être d’ailleurs pour ça que les gens ont une fausse idée, ils lisent trop voici et pas assez l’Evangile.
Mais si nous devons ressembler à quelque chose (ou plutôt à quelqu’un) ce n’est certainement pas à ces caricatures de croyants, que nous sert, le da Vinci code, le canard enchainé ou « t’empêche tout le monde de dormir », ce n’est d’ailleurs à aucune de ces caricatures que nous servent les médias.
Si nous devons ressembler à quelqu’un c’est à Jésus-Christ, à celui qui se révèle dans l’Evangile, dans l’Evangile de ce jour par exemple.
Qui vous a dit que le disciple du Christ devait soigneusement éviter la fête, lieu de la perdition et du démon : la première apparition publique de Jésus, il la fait au cours d’une fête, d’un mariage exactement et il ne vient pas pour jouer au censeur moraliste du style : « fumer tue », ou « fumer provoque des maladies mortelles » ou « l’abus d’alcool nuit gravement à la santé » (ça c’est la nouvelle morale, les nouveaux moralistes), non ! Jésus vient pas en disant : « allez tout le monde rentre chez soi » ou « attention ce n’est pas bien » ou encore « moins fort la musique ! » il vient pour sauver la fête, cette fête qui risquait de mal tourner, parce qu’il n’y avait plus de vin, Jésus la sauve en changeant l’eau en vin et le meilleur qui soit prend soin d’ajouter l’évangéliste, il est comme ça Jésus, il ne sait pas faire dans la demi mesure, il ne sait pas faire dans le banal.
En fait c’est nous qui bien souvent sommes banals dans nos fêtes, je vous dis ça de celles que je connais le mieux, que ce soit les soirées étudiantes, les troisièmes mi temps ou les galas les plus somptuaires, en fait ils se ressemblent tous, beaucoup d’alcool, beaucoup de bruit, peu de joie, quelques regrets et un gros mal de tête le lendemain matin ; c’est vrai des soirées étudiantes mais c’est aussi vrai de ces plateaux de télé où les gens ont l’air de tellement s’amuser et de s’aimer, je ne sais pas pourquoi ça sonne faux ! Ou plutôt si je sais pourquoi ça sonne faux, pace que comme à Cana il arrive un moment où ils manquent de vin il arrive toujours un moment ou nous manquons de vin, non pas de piquette, ça de la piquette on en trouve toujours, mais de ce vin dont nous parle Jésus Christ, de ce vin que Lui seul peut apporter, de ce vin qui donne du goût à n’importe quelle fête, à n’importe quelle vie.
Dans toute la bible le vin est le symbole de ce qui réjouit le cœur de l’homme de ce qui apporte la vraie joie, et Jésus ne s’y trompe pas, il sait que ce n’est pas le vin matériel qui apporte la vraie joie, parce qu’il n’y a rien de matériel qui apporte la vraie joie, la joie qui dure, ce qui apporte la vraie joie, c’est la présence de Jésus avec nous.
Vous voulez réussir votre fête, vous voulez réussir votre vie, invitez Jésus Christ, invitez-le dans votre vie, faites-lui une place, vous ne le regretterez pas, comme Il a changé l’eau la plus plate en un vin délicieux, Il changera la vie la plus ordinaire en une fête. Il changera ta vie, il la changera ça veut dire qu’il faut accepter que ta vie change, il faut accepter que ce soit Lui le maître de la fête, le maître de ta vie, il faut que tu acceptes de Lui faire confiance, que tu acceptes de Le suivre.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé nous assène-t-on à longueur de spots publicitaires, mais rassure-toi la consommation quotidienne, la fréquentation immodérée de Jésus Christ est bonne pour la vie, alors vas y, lâche-toi !