Il t'appelle, de l'audace, suis le!
Imaginez un instant, ce soir après le repas le garcon, la fille reste à table alors qu’habituellement dés la dernière bouchée avalée il file regarder la télé, se planter devant son ordinateur ou sort prendre une mousse avec des potes. Et bien là ce soir il reste à table et il dit : « voila, papa, maman j’ai une grande nouvelle à vous annoncer », alors là jubilation interieure de la mère qui se dit, ça y est il va nous présenter sa fiancée, ça fait si longtemps qu’ils attendent ce moment !
« Voila papa maman je vais devenir prêtre ». « Non !!! » cri unanime, c’est presque la première fois d’ailleur qu’il y a une telle unanimité dans le couple (euh non c’était pareil pour la finale de la coupe du monde avec Zizou !) !
Alors là c’est la catastrophe, pas du tout ce que des parents imaginaient, pas du tout l’idée qu’ils se faisaient d’une vie réussie. Non pour eux une vie réussie c’était une femme, des enfants, un bon métier, et être propriétaire de sa maison (mais oui vous savez une france de propriétaire), et voila que leur fils, leur fille, leur annonce exactement le contraire : ne pas se marier, ne pas avoir, d’enfant (donc pas de petits enfants) pas de métier (prêtre ou religieux vous parlez d’un métier !) aucune reconnaissance sociale en tout cas, un salaire de misère, et pour maison un presbytère ou une cellule qui de toute façon ne lui appartient pas. Non ce n’est pas une vie pour un jeune aujourd’hui.
Bon, passé la première surprise, ils réagissent : il faut le ramener à la raison « Allons fiston reprend toi, ce doit être un coup de spleen, le stress des examen, une petite dépression, un chagrin amoureux, rien de grave, tu vas surmonter la crise ». Mais non le garcon reprend avec un grand sourire, « non rien de tout ça, Dieu m’a appelé et moi j’ai répondu voila tout ». Le père qui se souvient que c’est lui l’autorité dans la famille : « Mais qui est ce qui a bien pu te mettre cette idée en tête, c’est les curés encore ! j’tavais dit de pas trop trainer avec eux, tu ferais mieux d’aller en boite oui », « qui est ce qui m’a mit ça en tête ? euh bien c’est Dieu d’abord je crois et vous ensuite. c’est quand même vous qui m’avez fait baptiser, qui m’avez amené à la messe tous les dimanches, qui m’avez appris le notre Père et le je vous salue Marie, qui m’avez dit que le Christ était tout, et Dieu le cœur de nos vies, eh bien je vous ai pris au sérieux. »
C’est bien là le problème, de prendre Dieu au sérieux, ce n’est pas si fréquent, de prendre Dieu au sérieux, de croire ce que dit l’Evangile, de le croire et de le vivre!
On peut être les premiers à prier pour les vocations, à prier pour que Dieu donne à son Eglise et au monde les prêtres et les religieuses dont il a tant besoin (selon la formule consacrée), mais en oubliant pas de préciser dans notre prière que ça ne nous arrive jamais à nous. Vous savez la vocation c’est un peu comme l’autoroute, tout le monde en veux, mais pas dans son jardin.
Voila dix minutes que les parents discutent avec leur enfant et ils trouvent qu’il y a quelque chose en lui de changé, il semble heureux, profondément heureux et les minutes passent où il raconte comment s’est arrivé et ils sentent petit à petit ce bonheur les gagner, oui parce qu’au fond qu’est ce que les parents souhaitent depuis toujours, c’est que leurs enfants soient heureux et ils ont tout fait pour qu’il le soit, et là ce soir ils ont en face d’eux un enfant heureux, que demander de plus. Que son bonheur soit identique au leur ? qu’il soit maçon comme papa, ou médecin comme maman, qu’il soit exactement selon le plan qu’ils avaient prévu ? Et bien non son bonheur sera identique au plan que Dieu a prévu pour lui. Parce que oui Dieu a un plan sur chacun de nous, c’est ce qu’on appelle une vocation, Dieu a un plan : il veut nous conduire au bonheur, et il va tout faire pour mettre son plan à exécution, il va nous faire des signes, nous appeler, sans nous forcer, il respecte trop notre liberté pour ça. Mais vous pensez bien que dans le bordel ambiant au milieu du bruit, de nos scoots, de nos iphones, de nos ipods, de nos télévisions, les décibels de nos radios et autres, la voix discrète de Dieu nous avons bien du mal à l’entendre.
Alors pour nous orienter, pour choisir la bonne filière nous comptons sur notre nez, sur le vent (qui nous porte un peu là où il veut) et sur les conseillers d’orientation, vous savez ceux qui vous disent vers la fin de la troisième d’un air docte (alors que c’est la première et la dernière fois que vous les voyez): « vu ton profil et tes résultats je crois que tu pourrais faire un excellent éleveur de truite, ou un assez bon demi de mêlé, éventuellement mais en troisième choix alors, un dentiste passable. ». Le problème du conseiller d’orientation c’est qu’il nous donne une direction et voila, ensuite il nous laisse.
Mais pour nous chrétien il existe un autre conseiller d’orientation, Jésus-Christ, ce bon berger dont nous parle l’Evangile, celui qui nous connaît par cœur et dont nous connaissons la voix, qui sait où est notre bonheur et qui va tout faire pour nous aider à le trouver, pourvu que nous le lui demandions, pourvu que nous tendions un peu l’oreille de notre cœur. Et contrairement aux autres conseillers d’orientation qui reste dans leur bureau, il nous appelle, il nous rejoint là où nous sommes, il pose sa main sur notre épaule et il nous accompagne tout au long du chemin, quand nous doutons il nous rassure, quand nous tombons il nous relève, quand nous sommes trop faible il nous porte, quand nous hésitons, il nous éclaire.
Le bonheur, parce que c’est bien ça que tout homme recherche, c’est de faire ce pour quoi nous sommes fait, ce à quoi nous sommes appelés et qui mieux que celui qui a façonné notre cœur sait pour quoi nous sommes fait. Dieu sait pour quoi nous sommes fait, nous sommes fait pour le bonheur, et Dieu veut notre bonheur, c’est pour ça qu’il faut lui demander comment y parvenir.
On nous parle parfois de crise de vocation, oui bien sur nous manquons de prêtres! mais c’est une crise de vocation au bonheur, et cette crise ne vient pas de Dieu, Dieu ne se lasse jamais d’appeler les hommes au bonheur, c’est nous qui nous lassons de l’écouter, comme si nous étions assez heureux comme ça !
Peut être que nous avons peur de ce qu’il pourrait nous demander, peut être que nous avons peur du bonheur qu’il nous propose, peut être que nous avons tellement calibré notre vie, tellement enfermé notre vie qu’il n’y a plus de place pour l’imprévu, plus de place pour l’aventure, plus de place pour un autre chemin, plus de place pour Dieu ?
Ici, ce soir, Dieu continue à appeler de jeunes garçons et de jeunes filles à consacrer leur vie à son service et au service de leurs frères les plus pauvres, parce que c’est ce pour quoi ils sont faits, parce que c’est là que leur cœur trouvera la vraie joie et nulle part ailleurs.
Alors si un jour au fond de ton cœur tu entends retentir discrètement mais puissamment la voix de Dieu qui t’appelle à servir comme prêtre, ne le fais pas taire,
allons de l’audace, prête l’oreille,
de l’audace, écoute le,
de l’audace, lève toi, il t’indique le chemin du bonheur
de l’audace, suis le !
Amen