30 dimanche TO B « Debout il t’appelle »
C’est la crise les gars et on n’est pas prêt d’en sortir ! Écoutez pas ceux qui vous parlent de lendemains qui chantent et de jours meilleurs, c’est la crise mon pauvre ami, c’est la pénurie, regardez autour de vous partout, ça se vide, faut se rendre à l’évidence, c’est la crise… la crise des vocations.
Un beau matin Dieu s’est réveillé et il s’est dit tiens, j’en ai marre d’appeler les jeunes à me suivre, du coup j’vais faire une petite pause, j’appelle plus, extinction de voix, RTT d’appel. Il a bien le droit de se reposer un peu lui aussi non ? vous avez lu la bible : eh ben si y’a bien une constante, si y’a bien un truc que Dieu aime faire c’est d’appeler, il passe sa vie à appeler, il s’arrête jamais dès le début de la bible Adam, puis Abraham, puis Moise, puis les autres patriarches et chaque fois que son peuple commence à déconner il appelle un prophète et il en appelle de toute les sortes, des ardents, des trouillards, des finauds, des bulldozers… et après les prophètes parce que les hommes sont un peu durs d’oreille, il envoie son fils, et vous savez ce qu’on dit : tel père tel fils, son fils qu’est ce qu’il fait ? à peine arrivé : il appelle : pierre, jacques, jean, andré, matthieu…
Et ça continue depuis 2000 ans il continue d’appeler des hommes, des femmes, des riches, des pauvres, des tendres et des durs, des grands des petits, des génies et des glands, des saints et des pécheurs (c’est les mêmes d’ailleurs, on commence pécheurs et on finit saint – tout en restant pécheur, c’est un peu compliqué ? je vous expliquerai dans une prochaine homélie)
Mais là en 2009, en France Dieu fait un break, après 3500 ans d’appel il méritait bien une petite pause et ben il se l’accorde et avouez qu’il a pas mauvais goût, parce que sa pause il la fait en France, c’est en France qu’il a choisi de s’arrêter d’appeler des hommes et des femmes à le suivre.
Eh ben non ! Si nous nous sommes de véritables girouettes, si nous passons notre vie à dire oui puis non, puis oui. « Tu fais quoi ce soir ? J’sais pas je vais voir, ça dépend de c’qu’on me propose, j’verrai bien au dernier moment. » Dieu lui est stable, ce qu’il dit il le fait, quand il appelle, il appelle et il ne s’arrête pas au gré d’un caprice ou d’un état d’âme : Dieu est fidèle en tout ce qu’il fait, aujourd’hui comme hier et comme demain Dieu continue d’appeler, exactement comme il a appelé Bartimée : « lève-toi, il t’appelle »
Bartimée, c’est lui qui nous donne une leçon, avouez que ça fout un peu les boules de se faire reprendre par Bartimée, et oui les gars celui que Jésus nous donne en exemple c’est un aveugle, infirme, mendiant et qui en fout pas une rame depuis des années, si ce n’est de brailler comme un cochon pour attirer l’attention sur lui et déranger les bonnes gens, mais oui les bonnes gens qui suivent Jésus à la sortie de Jéricho, mais oui vous savez les biens portants, les groupies de Jésus : nous !
Bartimée, l’enfoiré qui nous explique comment répondre à l’appel de Jésus.
6 étapes, 6 verbes dans l’Evangile, 6 étapes pour Bartimée et 6 étapes pour toi
Il crie, première étape, il crie, il supplie, il invoque, il prie : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » ce qui est premier c’est ce cri de confiance, cette prière ardente qui monte du cœur de Bartimée, Bartimée est un mendiant mais ce qu’il mendie aujourd’hui c’est pas quelques misérables piécettes, c’est l’aide de Jésus, l’amour du Père, la grâce infini du Fils, la force de l’Esprit. Est-ce que tu as déjà poussé ce cri de foi vers ton Dieu, est-ce que tu lui as déjà demandé ce qu’il attendait de toi (parce que Jésus attend quelque chose de toi) il attend que tu l’appelles : Seigneur qu’est-ce que tu veux de moi, qu’est-ce que tu veux pour moi ? Parce qu’appeler Dieu c'est se mettre en disposition d'écouter son appel, de répondre alors à son appel. Seul celui qui mendie la grâce d'une manière ou d'une autre peut être appelé à recevoir la grâce. Ta condition de baptisé c’est d'être mendiant de la grâce : mendiant de la parole de Dieu, mendiant de sa présence, de son amour, de son appel, de sa miséricorde, mendiant de la lumière, de son visage : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi »
Il se lève, deuxième étape, il se lève et il répond, ça fait tellement longtemps qu’il attend qu’on réponde à son appel, à sa prière, que dès qu’il entend la voix du Christ, il la reconnait, comme si elle lui était familière, et il se lève, il bondit.
Troisième étape : Il jette son manteau, le peu qu’il avait, il le laisse, parce qu’il sait aussi que son manteau pouilleux, il l’entravait dans sa marche vers Jésus, son manteau de péché, il le laisse là pour que rien ne l’entrave, que rien ne l’empêche : ce que le jeune homme riche n’a pas pu faire parce qu’il avait de grands biens (et du coup il repartit tout triste) Bartimée le fait avec foi et allégresse : il court vers Jésus. Et toi, qu’est ce qui t’entrave ? Quel est ce manteau de péché auquel tu es attaché mais qui t’empêche de te relever, qui t’empêche de bondir ? Quel est ce manteau pouilleux qui comme le jeune homme riche te maintient dans la tristesse ? Jette-le, brûle-le dans le brasier de la miséricorde du Seigneur, ne le garde pas sur toi, il pue : confesse-toi, sois un homme debout !
Quatrième étape, écoute le Seigneur qui te demande le désir profond de ton cœur et répond lui, répond lui dans une prière pleine de foi, comme Bartimée: « rabouni que je voie ». Ne lui demande pas la gloire, ni la puissance, ni la richesse, demande lui de voir, demande lui de le voir, de voir la lumière de son visage, demande lui la clarté, celle qui te donnera de discerner ce qui est bon, ce qui est juste, ce qui est vrai.
Demande le lui et il te le donnera, regarde Bartimée : Il voit : c’est la cinquième étape, il voit, il est libéré de son manteau pouilleux, il est libéré de sa cécité, il est libre. Libre pour quoi ?
Libre pour le suivre, c’est la sixième étape. Il aurait pu faire tout autre chose de sa nouvelle liberté, il aurait pu retourner mendier à la porte de la ville, il aurait pu retourner à sa vie d’avant, à une nouvelle cécité. Il aurait pu retourner s’asseoir, mais il a préféré « suivre Jésus sur la route ». Et toi ta nouvelle liberté, celle que le Christ t’a donnée, qu’est-ce que tu vas en faire ?
Tu peux rester infirme, mendiant à la porte de la ville te contentant des piécettes que les gens daigneront te donner, tu peux rester prostré dans ton manteau pouilleux, ton manteau de péché. Ou bien tu peux invoquer le Seigneur, crier vers lui, te lever, abandonner ton manteau, t’approcher de lui, l’entendre te guérir et le suivre, le suivre lui, le chemin, la vérité, la vie.
Allez debout il t’appelle ! Ne reste pas là, lève-toi, suis-le !